Pollution digitale : le poids des objets connectés

La pollution digitale ou pollution numérique représente les impacts environnementaux liés aux équipements numériques et à leur utilisation. Celle-ci ne cesse de s’accroître. En 2020, plus de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont issues du monde digital. La majeure partie provient uniquement des smartphones, tablettes et nombreux autres objets connectés qui ont envahi notre quotidien. Découvrez comment ces objets sont une source de pollution digitale tout au long de leur cycle de vie.

L’impact environnemental de la fabrication d’objets connectés

Saviez-vous qu’avant d’arriver sur votre poignet, une simple montre connectée a parcouru au moins l’équivalent de trois tours du monde en avion pour sa fabrication ? C’est le minimum nécessaire pour rassembler les matériaux indispensables à son fonctionnement. Ceux-ci sont, de plus, majoritairement issus de pays en voie de développement et extraits dans des conditions humaines et environnementales désastreuses.

Un épuisement des ressources naturelles

Le lithium, par exemple, est présent dans les batteries de la quasi-totalité des objets connectés. Ce matériau provient principalement du Chili. Mais pour obtenir une tonne de lithium, il faut utiliser plus de 2 millions de litres d’eau. Dans ce pays déjà aride, l’exploitation des mines a des impacts environnementaux dramatiques. La biodiversité et la population locale sont menacées par la sécheresse et l’épuisement des nappes phréatiques.

Un recyclage quasi inexistant

La pollution digitale ne s’arrête pas à la fabrication, la fin de vie des objets connectés représente également une véritable préoccupation environnementale. En 2020, à peine 17 % des équipements numériques sont recyclés. Les millions de tonnes de déchets électroniques restants s’entassent dans des déchetteries et décharges sauvages. Une autre source de pollution numérique moins visible représente aussi un coût écologique important : la consommation énergétique des objets connectés pendant leur fonctionnement.

Pollution numérique et hyper-connexion

Pour fonctionner, la majorité des objets connectés nécessitent une connexion et des échanges de données quasi permanents. Lors d’un footing par exemple, notre montre connectée enregistre en permanence notre position et nos données biométriques. Durant le même temps, elle reste à l’écoute du réseau pour nous avertir de l’arrivée de mails. Elle peut également communiquer en Bluetooth avec nos mobiles et ordinateurs. Sans parler des statistiques d’utilisation et des potentiels rapports envoyés au constructeur.

Or, même si elles sont immatérielles, toutes ces données représentent une source majeure de pollution digitale. Si l’empreinte écologique du numérique semble invisible, le transfert et le stockage des données engendrent des impacts environnementaux non négligeables. 

Dans son guide « La face cachée de numérique », l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), estime que le trafic de données est responsable de près de 55 % de la consommation annuelle du numérique. Cela inclut le fonctionnement des data center, la création d’infrastructures réseaux et évidemment l’utilisation d’électricité.

Celle-ci est d’autant plus importante que les objets connectés sont rarement éteints, au mieux il passe en veille prolongée, mais continue à consommer des données et de l’énergie. C’est ce qu’on appelle la pollution dormante.

illustration pollution dormante

La pollution dormante correspond à l’énergie consommée sans que l’on s’en aperçoive. Il peut s’agir de laisser des appareils en veille mais aussi de conserver des mails inutiles, de laisser jouer des vidéos sans les regarder, etc. Ces gestes apparemment anodins entrainent pourtant une utilisation inutile des serveurs, du réseau et de l’électricité…

En moyenne, un appareil connecté mis en veille consomme en moyenne 3 Watts. Cela peut sembler modéré, mais ce chiffre est à rapporter au nombre d’appareils connectés présents dans le monde : près de 30 milliards.

Le poids des objets connectés dans la pollution digitale est donc non négligeable. Et celui-ci tend encore à augmenter. Toujours selon l’ADEME ces équipements devraient représenter 18 à 23 % de la pollution digitale en 2025. Heureusement, des gestes simples, relevant de la sobriété et de l’éco-conception suffisent à limiter cette pollution numérique.