Sobriété numérique

La sobriété numérique

Alors que l’empreinte numérique du digital représente près de 4 % des émissions de gaz à effet de serre mondiale, la sobriété numérique devient un enjeu environnemental majeur. Mais ce terme est relativement récent et il est parfois difficile de bien comprendre ce qu’il englobe. Voici quelques points-clés pour bien appréhender ce concept.

Histoire et définition de la sobriété numérique

Le terme « sobriété numérique » a été défini pour la première fois en 2008 par le Green It, un collectif visant à promouvoir une informatique durable et écoresponsable.

La sobriété digitale consisterait à « concevoir des services numériques plus sobres et à modérer ses usages numériques quotidiens ».

Le shift project, une association présidée par Jean-Marc Jancovici,  qui œuvre pour une économie libérée de la contrainte carbone a également publié un rapport sur l’impact environnemental du numérique. Intitulé “ Comment déployer la sobriété numérique”, le document propose des cadres et méthodologies pour “passer d’un numérique instinctif voire compulsif à un numérique piloté”.

Cette démarche s’appuie sur trois piliers principaux :

– l’allongement de la durée de vie des équipements électroniques,

– l’écoconception des services numériques basée sur un ensemble de “bonnes pratiques”,

– la rationalisation des usages digitaux.


Pourquoi s’intéresser à cette démarche éco-responsable ?

La transformation numérique et l’essor de l’informatique favorisent de nouveaux modes de vie et de consommation. Désormais, les achats se font majoritairement en ligne, les réseaux sociaux sont incontournables, les visio sont devenues la norme et chaque Français échange, en moyenne, 88 mails par jour.

Cependant, si Internet est par définition le domaine de l’immatériel, sa pollution est bien visible et représente près de 4 % des émissions de gaz à effet de serre mondiaux.

Découvrez l’importance de l’empreinte écologique du numérique ici.

Selon l’ADEME (Agence de la transition écologique), cette empreinte risque encore de doubler d’ici 2025 avec la multiplication des usages et la croissance exponentielle des objets connectés.


Retrouvez l’impact des objets connectés sur la pollution numérique ici.

Heureusement, des pratiques individuelles et collectives peuvent enrayer cette tendance.

Comment réduire son empreinte numérique personnelle ?

La sobriété numérique fait partie du projet de transition écologique et donc d’une évolution vers de nouveaux modèles économiques et sociétaux, plus économes en énergie.

Des actions simples peuvent déjà permettre de réduire l’empreinte environnementale du digital. Il s’agit d’une part de prolonger la vie des équipements numériques et d’autre part d’optimiser l’utilisation des données et ressources et donc de l’énergie.

La sobriété numérique en entreprise

Les entreprises et les collectivités ont également un grand rôle à jouer dans la sobriété numérique. Si le digital reste une source de pollution, une bonne utilisation des technologies peut, à l’inverse, être un excellent levier pour réduire l’impact environnemental des sociétés.

Cette démarche s’intègre donc naturellement dans une stratégie RSE (Responsabilité sociétale des entreprises).


Sobriété ne rime cependant pas avec performance limitée. Le bon usage et l’optimisation des services numériques peuvent entraîner des gains de productivité et améliorer la fiabilité et la sécurité du système informatique.


La sobriété numérique peut même devenir un atout pour relancer l’économie globale.  De nombreux réseaux professionnels éco-responsables se développent avec notamment le CIGREF une association de grandes entreprises et administrations françaises qui propose des réflexions collectives sur les enjeux numériques. Avec 3 autres associations, elle est à l’origine du rapport sur le “Pacte Numérique”,  7 propositions pour sortir de la crise et relancer l’économie par une utilisation efficiente du digital.